Voici le lien d'un documentaire remarquable qui a apparemment été diffusé sur Arte le 27 avril 2017 : Tarzan aux sources du mythe.

https://www.youtube.com/watch?v=pSmAUtTw7Jc

Il explique en 52 minutes pourquoi le personnage est devenu aussi mythique, et le restera très probablement, malgré les avalanches de critiques bien-pensantes mais complètement à côté de la plaque concernant le supposé racisme et le colonialisme qui se cacheraient derrière le personnage, et qui se sont notamment exprimées lors de la sortie du dernier film.

Sont interviewés notamment David Yates, réalisateur du dernier Tarzan en date, Hugh Hudson, réalisateur de Greystoke : la légende de Tarzan (sorti en 1984 et une des plus fidèles adaptations, du moins dans sa première partie), son acteur, le toujours sympathique Christophe Lambert (qui parle ici en anglais), Scott Tracy Griffin, auteur des livres somptueux Tarzan the Centennial Celebration et Tarzan on Film (titulaire depuis peu d'un poste chez ERC Incorporated, en charge des projets spéciaux), Thomas Yeates, dessinateur. Au titre des intervenants en français, Pascal Dibie, historien, Christophe Champclaux, historien du cinéma, et Bernard Joubert, collectionneur de bandes dessinées.

Quelques rares erreurs de traduction : quand on évoque l'adaptation de Tarzan à la radio, la voix off dit que c'est le beau-fils de James Pierce, qui a joué Tarzan, qui participe au programme. James Pierce lui-même en fait joue Tarzan à la radio après l'avoir incarné au cinéma, et c'est lui qui est le beau-fils d'Edgar Rice Burroughs, puisqu'il a épousé sa fille, Joan, qui jouera Jane à ses côtés à la radio. On parle aussi d'un producteur de Tarzan, Sol Lester, son nom est en fait Sol Lesser.

 

Morceaux choisis qui m'ont semblés particulièrement pertinents :

"On n’aurait pas pu inventer Tarzan dans le contexte colonial qui était tel au début du 20ème siècle en Europe. Par contre aux Etats-Unis ils sont complètement dégagés de cette question-là. Les Américains sont peut-être des impérialistes mais ce ne sont pas des coloniaux. Ce n’est pas la même chose. Et dans cette époque de ce début du 20ème siècle, eux ne sont ni allemands ni anglais ni français ni belges etc… , ils ne se partagent pas le gâteau, ce n’est pas du tout leur préoccupation. Ils sont dans un isolationnisme, en train de se construire eux-mêmes, et je pense que Burroughs a été tout à fait l’expression effectivement de cette représentation d’un univers qui n’a pas besoin de légitimer, je dirais, son existence ailleurs."

Pascal Dibie, historien

 

"Burroughs, il a une expérience marquante, ça a été son passage au 7ème de cavalerie. Mais il est tombé sur des vieux, sur des vétérans des guerres contre les Indiens. Il était absolument horrifié de constater le racisme de ces gens. Là il voit quand même qu’il y a quelque chose de très très choquant dans cette arrogance de l’homme blanc face aux peuples anciens. Personne ne se pose la question de la légitimité de la destruction des civilisations premières."

Christophe Champclaux, historien du cinéma

 

[Concernant Tarzan et Jane] "Il lui fait confiance parce qu’elle est pure. Son cœur est pur. Ses intentions sont pures. Lui est pareil. La différence c’est qu’elle vient de la civilisation, mais qu’elle a gardé sa pureté en tant qu’être humain. Lui n’a pas le choix. Il est pur quoi qu’il arrive. C’est un animal, et un animal est pur."

 Christophe Lambert

 

stg