J’écris ce message dans le cadre d’un événement inter-blogueur du site « Ecrire-de-la-fiction.com », il fallait écrire un article sur le thème : “Quelle est ta meilleure histoire, celle qui t’a inspiré(e) et t’inspire encore… “.

https://ecrire-de-la-fiction.com/carnaval-darticles-ta-meilleure-histoire/

Sur le blog, j'ai bien aimé cet article-là notamment : https://ecrire-de-la-fiction.com/10-astuces-pour-bien-ecrire-de-la-fiction-pourquoi-je-n-ecrirai-pas-cet-article/

 

A 48 ans, et ayant été un lecteur la plus grande partie de ma vie, force est de constater que LE texte qui me reste en tête en permanence se nomme La Princesse de Mars, d’Edgar Rice Burroughs.

Le futur auteur de Tarzan, né en 1875, a sans doute rêvé ce monde, Barsoom (Mars), durant des années. Il l’a sans doute élaboré dans ses rêves les plus fous, et tout le texte est vécu comme un songe éveillé. Un premier roman a une signification toute particulière chez un jeune auteur de 36 ans, et il trouvera une résonnance toute particulière chez le lecteur de 17 ans que j’étais, au point d’en devenir inoubliable.

Michael Chabon, grand écrivain qui a participé à l’adaptation du texte au cinéma cent ans après son écriture originelle, évoquait la dimension existentielle du texte. Le passage du capitaine John Carter de la Terre à Mars est une libération, une évasion d’une existence terrestre jugée trop restrictive et insatisfaisante, une nouvelle naissance pour ainsi dire car il y débarque nu comme un ver, et doit tout reconstruire, littéralement, de zéro. Un rêve d’autant plus prégnant que Burroughs lui-même se considère comme une fraude vivante, ayant à cette époque échoué dans quasiment toutes ses entreprises. Et les rares qu’il réussira, il les quittera car Burroughs est avant tout assoiffé de liberté, sans contrainte. Il ne saurait se satisfaire d’un emploi subalterne. John Carter symbolise cette liberté, cette soif de vivre inextinguible. Officier dans l’Armée, ce dont rêvera le jeune Burroughs sans jamais y parvenir (car comment être à la fois militaire ET réfractaire à toute autorité ?), soldat accompli (la meilleure épée de non pas un mais DEUX mondes !), immortel (une des obsessions manifestes de l’auteur, tous ses héros de fiction, Tarzan y compris, deviendront immortels), romantique, chevaleresque et droit, détaché de toute obsession matérielle, John Carter est le parfait véhicule pour son auteur, et également pour ses lecteurs.

Car les aventures de John Carter sont vécues dans sa tête, à la première personne. On ne se contente pas de lire ses aventures, on les VIT à travers lui. Et Barsoom est son terrain de jeu idéal, un monde régi par l’Honneur et par les plus hautes vertus, déjà considérées comme désuètes au moment où Burroughs écrit ses romans, et qui lui assurent une intemporalité totale et absolue. Inspirant, le texte le sera pour moi, et pour des millions d’autres lecteurs, de ceux qui créeront notamment Superman, Flash Gordon, Star Wars, Avatar. Toutes ces œuvres portent en elles une petite partie de l’ADN des aventures de John Carter, quand bien même ses aventures continuent à avoir leur propre originalité plus de cent ans après leur rédaction.

Et pour finir, c’est également une inspiration pour tout auteur indépendant. Premier roman, premier triomphe, et le troisième roman de Burroughs, Tarzan of the Apes, lui assurera richesse, renommée mondiale, et l’établissement du premier empire multimédia international. Tarzan amènera à Burroughs la liberté totale qu’il recherchait dans la vie, et la satisfaction de n’avoir de compte à rendre à personne. Ne serait-ce pas finalement notre rêve ultime à tous ?

519x41DovJL